Fibromyalgie : vers une meilleure qualité de vie

Avoir mal partout. Tout le temps. Longtemps considérée comme une maladie imaginaire, la fibromyalgie est aujourd’hui reconnue comme une maladie à part entière, et mieux prise en charge.

Avoir mal, au point de ne plus pouvoir bouger, de marcher difficilement, de ne plus dormir… La fibromyalgie et son cortège de douleurs continuelles aux muscles, aux tendons, aux ligaments vous enferment dans un monde dont il est bien difficile de sortir. D’autant qu’elle rend les médecins suspicieux. Imaginez : les radios ne montrent rien, et les traitements antalgiques habituels ne marchent pas. Pas facile de poser un diagnostic.

« Trois éléments sont toujours présents, résume le Dr Jean-Luc Renevier, rhumatologue, médecin de rééducation fonctionnelle à l’hôpital Meulan (Les Mureaux), une douleur chronique diffuse, persistante depuis plus de six mois, un syndrome de fatigue chronique et des troubles du sommeil ».

S’y ajoutent d’autres symptômes, variables dans le temps et d’une personne à l’autre : colopathie fonctionnelle, céphalée, syndrome des jambes sans repos … Sans parler des troubles de la mémoire, des difficultés de concentration, de l’intolérance aux bruits, aux lumières fortes, au froid, voire de l’anxiété et parfois de la dépression réactionnelle.

Tous ces symptômes sont invisibles pour les autres. De là à les taxer de psychosomatiques, il n’y a qu’un pas… franchi pendant de nombreuses années. En France, il a fallu attendre 2007 pour que la fibromyalgie soit reconnue par l’Académie nationale de médecine et 2010 pour que la Haute autorité de santé publie des recommandations sur sa prise en charge. Depuis les choses commencent à changer.

Un diagnostic plus précoce

« Le diagnostic est largement plus précoce que dans les années 2000 », se réjouit Carole Robert, présidente de Fibromyalgie France. Selon une enquête réalisée par son association, il est de moins d’un an pour 25 % des patients. Il tournerait même aujourd’hui autour de 4 mois. Preuve que les médecins sont mieux informés.

« Même s’il est parfois posé un peu trop hâtivement, ce diagnostic très précoce permet de mettre en place une prise en charge de la douleur avant que cette dernière ne s’installe trop durablement. » Certes, il n’existe pas de médicament miracle pour cette maladie, probablement due à un hyperfonctionnement des régions cérébrales qui perçoivent la douleur. Mais, des approchent non médicamenteuses permettent aujourd’hui de rendre la douleur supportable et d’améliorer la qualité de vie.

Une prise en charge pluridisciplinaire

« La personne atteinte de fibromyalgie est désormais considérée dans sa globalité », confirme le Dr Renevier. Si les médicaments (antalgiques, anxiolytiques, hypnotiques, myorelaxants, etc.) ne sont pas rangés aux oubliettes, ils sont utilisés avec parcimonie. La prise en charge est individualisée et repose avant tout sur la pluridisciplinarité (rhumatologue, rééducateur, kinésithérapeutes, etc.). D’où son développement dans des structures type centres anti-douleur, centres de rééducation fonctionnelle, centres du sommeil ou centres thermaux. Au programme : éducation thérapeutique, réadaptation à l’effort, relaxation, soutien psychologique…

Le traitement de la fibromyalgie rime maintenant plus avec massages, gym douce, balnéothérapie ou sophrologie qu’avec les anti-dépresseurs, même si ces derniers peuvent être utiles. Les médecines douces (oligothérapie, phytothérapie, acupuncture, hypnose) ne sont pas en reste et certaines nouvelles thérapies donnent de bons résultats. À chacun de trouver celles qui lui conviennent le mieux pour lui permettre de sortir de sa maladie en l’acceptant et en n’ayant plus peur de bouger.

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